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Bobos de l’enfant : quand s’inquiéter et consulter un médecin ?

Bobos de l’enfant : quand s’inquiéter et consulter un médecin ?

Bosse sur le front, hématome sur les jambes ou encore plaie au genou, brûlure, entorse de la cheville, morsure… les bobos sont nombreux lorsque un enfant découvre le monde et ses dangers. Mais que faire en cas de blessure ou de traumatisme ? Quand s'inquiéter et consulter un médecin ?

La chute est la source principale des bobos de l’enfant lors des apprentissages, qu’il s’agisse du vélo ou tout simplement de la marche. Mais d’autres risques guettent l’enfant, toujours curieux et insouciant face aux dangers domestiques. Fort heureusement, la plupart des accidents sont bénins et ne réclament que quelques soins locaux. En matière de soin, le bon sens doit guider les parents avant de consulter son médecin généraliste ou de se rendre à l’hôpital le cas échéant.

Que faire en cas de plaies ?

Il arrive parfois que la couche superficielle de la peau soit arrachée et brûlée par le frottement. Ce type de plaie est bénin, car il n’atteint pas la fameuse couche basale de la peau, à l’origine des futures cellules cutanées. Lente sur les genoux, la récupération est rapide sur le visage.

Les bons réflexes pour traiter les plaies superficielles

  • désinfectez la peau (à l’aide d’un produit comme Bétadine, Septivon, Dakin…) en oubliant le fameux Mercurochrome, d’efficacité discutable et qui empêche d’apprécier la qualité de la cicatrisation, couleur rouge oblige. Evitez l’alcool à 90°, extrêmement douloureux !
  • laissez la plaie à l’air si possible, pour favoriser la cicatrisation et diminuer le risque d’infection,
  • au stade de la croûte, appliquez de la vaseline salicylée pour diminuer la douleur et la sensation désagréable de "carapace".

Quand consulter ?

  • si la plaie paraît profonde, une suture peut être nécessaire. Le médecin peut aussi avoir recours aux antibiotiques pour éviter les surinfections.
  • lorsque l’enfant ne bouge plus le membre blessé, il peut exister un risque de fracture.

Les bosses

Les bosses, autrement dit les hématomes, sont bénins mais inquiétants pour les parents lorsqu’ils prennent l’aspect "d’œufs de pigeon" ou lorsqu’ils surviennent au niveau du visage ou du crâne. Rassurez-vous, la fracture est rare car le crâne est suffisamment solide pour préserver l’intégrité du cerveau.

Le bon réflexe en cas de choc

Appliquez un gant de toilette rempli de glaçons ou un tissu imbibé d’eau froide sur l’hématome afin d’en diminuer le volume et les douleurs.

Quand consulter en cas de choc ?

  • s’il s’agit d’un choc crânien avec perte de connaissance initiale, maux de tête persistants, vomissements ou somnolence,
  • en cas de traumatisme d’un membre, lorsque l’enfant ne peut plus le bouger (possibilité de fracture).

Les brûlures

De l’eau bouillante, en passant par les plaques de cuisson jusqu’au barbecue, les causes des brûlures sont nombreuses et constituent un risque domestique important chez l’enfant et ce, d’autant plus que sa peau est beaucoup plus fragile que celle de l’adulte.

Le bon réflexe

Avant toute autre chose, aspergez abondamment la région brûlée avec de l’eau froide (jamais glacée) du robinet pendant environ 15 minutes. Puis conduisez l’enfant vers l’hôpital le plus proche ou appelez le centre 15.

Quand consulter ?

Toute brûlure, même d’allure bénigne, nécessite un avis médical de principe.


L’entorse de la cheville

L’entorse de la cheville, autrement dit la foulure, est un accident rare chez le petit enfant chez qui les articulations sont très souples par nature. Pour autant, la cheville demeure exposée lors des mécanismes violents d’entorse. Rappelons que l’entorse de la cheville se manifeste par une douleur et un œdème (hématome) ou un bleu sur le côté externe de la cheville, associés à une difficulté à la marche.

Le bon réflexe

Pour diminuer l’hématome, préjudiciable à la cicatrisation des ligaments, il faut refroidir la cheville en appliquant du froid sur la cheville plusieurs fois par jour pendant les trois premiers jours (sachet empli de glaçons, gant d’eau froide…).

Quand consulter ?

Dès lors que l’enfant boite, présente un œdème important ou qu’il refuse de poser le pied sur le sol.


Le saignement de nez

Appelé également épistaxis, le saignement de nez est souvent spectaculaire mais rarement grave. Exception faite des saignements liés aux traumatismes nasaux, l’épistaxis correspond la plupart du temps à la blessure d’un petit vaisseau sanguin logé dans la muqueuse nasale. Outre une prédisposition anatomique, c’est bien souvent la chaleur qui occasionne les saignements nasaux ou les grattages avec le doigt.

Le bon réflexe

L’enfant doit d’abord se moucher pour évacuer les volumineux caillots qui risquent de raviver l’hémorragie lorsqu’ils se détacheront. Il faut ensuite comprimer la narine pendant quelques minutes avec un doigt et pencher la tête de l’enfant en avant (jamais en arrière). Enfin, il faut éviter le coton dans la narine, car le retirer ravive en général le saignement.

Quand consulter ?

Il est conseillé de consulter son médecin, voire un ORL, lorsque le saignement persiste, s’aggrave ou récidive trop fréquemment.

La morsure d’un animal

La France détient le record du monde d’animaux domestiques par foyer, d’où un nombre important de morsures ou de griffures animales. Fort heureusement, la plupart demeurent bénignes et se limitent à quelques trous dans la peau ou des excoriations légères (perte des couches superficielles de l’épiderme) qui ne laisseront pas de séquelles.

Le bon réflexe

Nettoyez la morsure avec du savon et un antiseptique et laissez la plaie à l’air afin d’éviter la prolifération de certaines bactéries particulièrement agressives en l’absence d’oxygène (bactéries "anaérobies").

Quand consulter ?

Lorsque la plaie paraît profonde, étendue et systématiquement si elle se situe au niveau du visage, des mains ou des organes génitaux. Une suture et/ou des antibiotiques peuvent s’avérer nécessaires.

L’écharde

Rien de tel qu’une petite écharde dans le doigt pour souffrir au moindre contact. En cas d’écharde, il faut essayer de la retirer avec une pince à épiler sans trop s’acharner au risque de causer plus de "dégâts" que l’écharde elle-même. Avec le temps, l’écharde sera "digérée" quoi qu’il arrive par les mécanismes de défense de la peau et éliminée sous forme de pus.

La fièvre

La fièvre chez l’enfant, autrement dit au-delà de 38°C, est un " allié " des parents.

Elle leur indique :

  • d’une part qu’il existe une infection, virale ou bactérienne,
  • d’autre part elle contribue à augmenter les capacités de défense de l’enfant en stimulant l’activité de certains globules blancs (neutrophiles, lymphocytes) à l’origine de la synthèse des anticorps.

Mais attention, point trop n’en faut ! En effet, une augmentation trop élevée de la température fait courir un risque de convulsions dites "hyperthermiques" avant l’âge de 5 ans. Schématiquement, il faut respecter la fièvre de l’enfant, autrement dit ne pas la faire baisser, dès lors qu’elle se situe en deçà de 38,5° C. Au-delà, découvrir l’enfant, bien l’hydrater et lui faire prendre des médicaments antipyrétiques (aspirine, paracetamol…) sont généralement suffisants pour faire baisser la fièvre.

Auteur(s): Dr Daniel Gloaguen