La grossesse extra-utérine, une véritable urgence

La grossesse extra-utérine, une véritable urgence

En France, on compte près de 13 000 grossesses extra-utérines (GEU) par an. Ces grossesses dont la particularité est de se dérouler en dehors de l'utérus constituent une véritable urgence médicale et/ou chirurgicale. Car la GEU peut provoquer une grave hémorragie interne.

Qu’est-ce que la grossesse extra-utérine ?

Lors d’une grossesse normale, l’ovule fécondé par le spermatozoïde se niche dans l’utérus pour y mener à bien son développement. Dans le cas d’une grossesse extra-utérine (GEU), l’œuf préfère s’implanter dans une des trompes (99 % des GEU), ou bien - mais c’est très rare - aller se loger sur un des ovaires ou, plus exceptionnellement encore, sur le péritoine.
La fréquence de la GEU a doublé au cours des 15 dernières années et représente environ 2 % des grossesses.

Attention aux facteurs de risque

Cette augmentation du nombre de GEU s’explique notamment par l’explosion des facteurs de risque. En font partie :

  • les infections sexuellement transmissibles (lST), en recrudescence,
  • les antécédents d’infection des trompes (salpingite),
  • les curetages (interruptions volontaires de grossesse ou IVG),
  • les GEU antérieures.

Des facteurs auxquels il faut ajouter :

  • les traitements destinés à induire l’ovulation (procréation médicalement assistée ou PMA),
  • les infections de la sphère uro-génitale,
  • la prise de certains médicaments in utero par les mères des femmes concernées (les filles dites du Distilbène ou DES),
  • le tabagisme féminin (une femme qui fume a trois fois plus de risque de faire une grossesse extra-utérine qu’une non-fumeuse).

Pas une minute à perdre!

Chez une femme en âge de procréer, un retard de règles associé à des pertes de sang brunâtre (couleur sépia) et à des douleurs plus ou moins intenses mais souvent violentes dans le bas-ventre, doit faire suspecter une GEU en cas de test de grossesse positif. Ces symptômes doivent conduire sans délai à une consultation médicale. L’examen, qui comporte généralement deux touchers, vaginal et rectal, une échographie et éventuellement une cœlioscopie, permet d’affirmer ou d’infirmer le diagnostic de GEU. Si le diagnostic est confirmé, c’est une véritable urgence en raison du risque extrêmement grave d’hémorragie interne en cas de rupture de la trompe utérine. Un risque qui peut s’avérer fatal s’il n’est pas pris en charge à temps.

Médecine ou chirurgie ?

Actuellement, 2/3 des GEU sont traitées par chirurgie et 1/3 à l’aide de traitements médicamenteux. L’opération chirurgicale, réalisée le plus souvent par cœlioscopie, vise autant que possible à n’enlever que le " produit " de la grossesse en conservant la trompe pour éviter des problèmes de stérilité ultérieurs. Mais la conservation n’est pas toujours possible et il faut alors procéder à l’ablation de la trompe (salpingectomie). Le traitement médical est également envisageable mais il est de plus en plus discuté en raison de son taux d’échec très élevé.

Sources

L’état de santé de la population en France - Suivi des objectifs annexés à la loi de santé publique - Rapport 2011, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES).Grossesse extra-utérine (GEU), Direction générale de la santé (DGS) du 10 mars 2003.
Grossesse extra-utérine, données du réseau Fivnat.

Il s’agit peut-être d’une GEU, Le Quotidien du Médecin du 18 novembre 1998.

Auteur(s): Ghislaine Trabbacchi - Mise à jour mardi 21 février 2017