Quelques précautions à prendre

Quelques précautions à prendre

Même si la natation est un sport universel, adapté à tous le monde, il convient de rappeler quelques précautions à prendre.

Les blessures musculo-tendineuses


Paradoxalement, les nageurs de haut niveau sont peu concernés par les blessures, du fait de la qualité de leur entraînement et de la maîtrise de leurs gestes techniques. Les blessures sont plus fréquentes chez le nageur régulier (plusieurs séances par semaine) et moins chez le nageur occasionnel. Il s’agit essentiellement de tendinites (inflammation des tendons de l’épaule et notamment la coiffe des muscles rotateurs de l’épaule) qui vont se signaler par des douleurs. Si l’épaule est l’articulation la plus fréquemment concernée par les tendinites, surtout dans les nages exigeantes pour l’épaule comme le crawl et la nage papillon, la colonne vertébrale et les genoux peuvent être également touchés par des douleurs.

Que faire pour prévenir les douleurs de l’épaule ?

•    Variez les types de nages en évitant de vous spécialiser dans une même nage
•    Respirez plutôt du côté opposé à l'épaule douloureuse car les douleurs surviennent souvent du côté où le nageur respire préférentiellement. La respiration alternée est donc un bon moyen d'éviter les tendinites
•    Evitez la flexion prononcée de la tête sous l'eau
•    Assurez-vous les conseils d'un entraîneur. Il est difficile d'analyser, en nageant, la qualité de son geste technique ou encore le placement de la ligne des épaules. Ces petits défauts techniques augmentent notoirement les risques de tendinite
•    En cas de douleurs, il faut diminuer le kilométrage, voire même s’arrêter quelques jours pour laisser le temps à l’épaule de se reposer
•    Pour éviter la survenue de nouvelles douleurs à la reprise, il faut nager en souplesse, en évitant pendant quelques séances les paddles, et bien entendu la musculation


Les crampes et les courbatures


A l’instar des autres sports, les crampes et autres courbatures peuvent survenir lors des efforts inhabituels et violents (par accumulation d’acide lactique), lorsque l’hydratation est insuffisante ou encore quand l’échauffement n’a pas été correctement pratiqué. En traitement, les massages ! Et en prévention, l'échauffement prudent et la récupération permettent de prévenir l'apparition de crampes et autres courbatures.

 

Les verrues et autres champignons


Attention à la piscine (douche, bassins, vestiaires…) ! Dues à un virus (papillomavirus) très contagieux, les verrues adorent ces milieux humides et chauds, propices à leur transmission. Les plantes des pieds demeurent très exposées, d'où l'intérêt de porter des sandales ou même des chaussons de natation avant d’entrer dans l’eau. Il en est de même pour les « champignons » qu’on peut attraper entre les orteils. Une autre bonne raison pour bien s’essuyer entre les orteils après chaque séance.

 

L’hypothermie


Un risque pour ceux qui optent pour la nage en eau vive. Seule prévention possible : le port d’une combinaison adaptée à la température de l’eau.

 

Otites et sinusites


Liées à l’accumulation d’eau (et à la présence du produit désinfectant irritant), les otites et sinusites peuvent être évitées par le port d’un bonnet et de bouchons d’oreille. Mais des irritations toujours possibles au niveau des autres orifices naturels (vagin surtout).

 

Surentraînement


Véritable équivalent du burn-out professionnel, le surentraînement se traduit par un état de forme défaillant, une démotivation (dégoût de l’entraînement), une fatigue, un surmenage psychique et par une chute des performances avec un haut risque de blessures. Le surentraînement est lié notamment à un excès d’entraînement et à un manque de récupération. On l’observe donc plutôt chez les nageurs de haut niveau et chez les nageurs réguliers en quête d’amélioration de leurs performances. Seule façon d’y remédier : stopper tout entraînement pendant plusieurs semaines !
Et en matière de prévention ?
La seule prévention réside dans la progressivité de l’entraînement, l’écoute de son corps et la prise en compte du repos comme étant un acte sportif (récupération), et le repérage des tous premiers signes du surentraînement pour s’arrêter à temps. Bref, ne pas vouloir en faire trop tout de suite !
 

Sources

- Dr Daniel Gloaguen, médecin du sport
- « Le grand livre des performances sportives », Dr Jean-Loup Dervaux, Editions de Vecchi, 2000
- « Le guide Sport et santé », Vidal éditeurs, 2005
- « L’échauffement du sportif », Collectif de médecins, Amphora, 2004
- « Triathlon, s’initier et progresser», docteur Stéphane Cascua, Amphora, 2003

Auteur(s): Daniel GLOAGUEN, médecin et journaliste - Mise à jour mardi 04 juillet 2017