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Accident vasculaire crbral

Accident vasculaire crbral

L'AVC est impressionant et soudain. Peut-on le prvenir ? Comment ragir ? Comment vivre aprs un AVC ?

Un caillot sanguin, tel un grain de sable, suffit à enrayer une machine complexe comme le cerveau. C’est l’accident vasculaire cérébral (AVC) qui touche 130 000 Français par an. Identifier ses signes permet de le prévenir et de réagir rapidement.

Cause majeure de l’AVC, (80 % des cas environ), l’obstruction de l’artère cérébrale par un caillot sanguin peut avoir deux origines différentes. Le plus souvent, celui-ci est formé suite à la rupture d’une plaque d’athérosclérose, sorte d’amas de lipides installé sur la paroi de l’artère. On parle alors de thrombose, responsable de près de la moitié des AVC. Mais le caillot peut provenir d’ailleurs, généralement du cœur ou d’une artère carotide (au niveau du cou), et être transporté par le sang jusqu’à l’artère cérébrale qu’il vient alors boucher. Lorsque l’AVC n’est pas dû à une obstruction, il découle de la rupture de l’artère cérébrale. Ce type d’AVC résulte souvent d’une hypertension artérielle de longue date, est le plus grave, mais heureusement le plus rare. Il prive le cerveau d’oxygène, comme tout AVC, mais détruit également d’autres cellules du fait de la pression qu’elles subissent.


Les cibles de l'AVC

Le premier facteur de risque de l’AVC est inévitable puisqu’il s’agit de l’âge. Ainsi, seuls 25 % des AVC concernent les moins de 65 ans, tandis que 50 % d’entre eux touchent les plus de 75 ans. À partir de 55 ans, le risque d’AVC double tous les 10 ans. Plusieurs maladies ou problèmes de santé, parfois liés à l’âge, augmentent par ailleurs le risque d’AVC :

  • troubles cardiaques (anomalie de la valve cardiaque, insuffisance, arythmie),
  • antécédent d’AVC ou d’accident ischémique transitoire (AIT),
  • migraines,
  • troubles de la circulation sanguine,
  • polyglobulie (nombre élevé de globules rouges dans le sang),
  • diabète,
  • hypertension artérielle.

 

À ces facteurs de risque s’ajoutent d’autres, plus maîtrisables, comme :

  • l’hypercholestérolémie (excès de cholestérol dans le sang),
  • le tabagisme,
  • la consommation excessive d’alcool,
  • le manque d’activité physique,
  • une mauvaise alimentation.

Contrôlables ou non, ces facteurs sont généralement liés entre eux. Ainsi, l’hypertension artérielle est en théorie plus à risque que le tabac mais celui-ci favorise l’hypertension artérielle ; il est donc impliqué en tant que tel mais également indirectement, à travers certains troubles ou certaines maladies. C’est pourquoi les facteurs de risque évitables de l’AVC sont communs à de nombreuses autres maladies. D’où les campagnes de santé publique sur la nécessité de bien manger, de bouger, d’éviter les excès d’alcool et le tabac, etc.


Réagir face à un AVC

La survenue d’un AVC doit être considérée comme une urgence vitale. C’est en effet la troisième cause de mortalité en France. Il faut donc prévenir les urgences immédiatement, même si les symptômes ne durent que quelques minutes. Dans le cas d’un AVC ischémique, l’intervention consiste à dissoudre le caillot de sang grâce à un produit nommé activateur du plasminogène tissulaire. Un anticoagulant peut ensuite être prescrit. Mais en cas d’hémorragie, la solution est chirurgicale puisqu’il s’agit dans un premier temps d’évacuer le sang accumulé dans le cerveau. Par la suite, on retire la zone problématique (endartériectomie) ou on la dilate (angioplastie) afin de limiter le risque de récidive.


L'après AVC

Le traitement de l’AVC, c’est aussi, ou surtout, de la rééducation car il provoque des dommages parfois irréversibles, ce qui en fait la première cause de handicap acquis de l’adulte et la deuxième cause de démence. La privation d’oxygène entraîne en effet la destruction de cellules nerveuses qui se renouvellent peu voire pas du tout. Les conséquences d’un AVC dépendent donc de la zone touchée mais également de l’étendue des dégâts, et donc de la rapidité d’intervention. Une étude réalisée en 2009 par l’hôpital Bichat révèle ainsi que 93 % des patients victimes d’un AVC sont guéris si celui-ci est traité dans les 3 heures 30 suivant sa survenue. Les séquelles sont variables : il peut aussi bien s’agir de difficultés à parler ou à écrire, que de problèmes de mémoire ou d’une paralysie partielle. Mais les cellules nerveuses ont des capacités surprenantes, si bien qu’elles peuvent prendre la relève des cellules mortes à condition d’être stimulées.


 

La récidive

S’il est bien évident que nous ne sommes pas tous égaux face à l’AVC , il est néanmoins possible d’agir sur certains facteurs et de réduire ainsi, parfois de manière considérable, le risque d’en être victime. La prévention de l’AVC passe tout d’abord par la maîtrise des problèmes de santé. En effet, plusieurs études ont démontré qu’un contrôle strict de l’hypertension artérielle et du diabète de type 2 pouvait réduire de 40 % le risque d’AVC. Par ailleurs, des mesures quotidiennes contribuent également de manière importante à prévenir l’AVC.

  • Ne pas fumer. Non seulement le tabagisme contribue à l’athérosclérose, à l’origine de 40 à 50 % des AVC , mais la nicotine augmente la pression sanguine. Enfin, le monoxyde de carbone présent dans toute cigarette prend la place de l’oxygène sur les globules rouges et en réduit ainsi la quantité.
  • Adopter une alimentation équilibrée, ni trop grasse, ni trop salée. La moitié des AVC découle en effet d’une trop forte présence de lipides dans le sang et le sel favorise l’hypertension artérielle.
  • Pratiquer une activité physique.
  • Éviter les excès d’alcool.
  • Pour les femmes à risque, sujettes à l’hypertension artérielle par exemple, changer si nécessaire de méthode de contraception. La pilule contraceptive peut en effet augmenter le risque d’AVC .


 

 Sources

- Rapport La prévention et la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux en France, 2009 pour le Ministère de la santé, www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/AVC_-_synthese_seule_rapport_final_-_vf.pdf
- Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm), dossier d’information
- Rapport Hôpital Bichat, 2009 - "
- Stop AVC, le magazine de la prévention" - SEPREM PRODUCTIONS

 

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