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Néophobie alimentaire : comment aider votre enfant à passer ce cap ?

Néophobie alimentaire : comment aider votre enfant  à passer ce cap ?

La majorité des enfants traversent une période de rejet des aliments nommée néophobie alimentaire. Pourquoi ? Comment réagir ? À quel moment s’en inquiéter ? Réponses à vos questions de parents, avec l'aide de Laurence Haurat, psychologue-nutritionniste.

La néophobie alimentaire, qu’est-ce que c’est ?

La néophobie (peur de ce qui est nouveau) alimentaire est une période de sélectivité alimentaire. Votre enfant, qui jusque-là mangeait de tout, refuse les aliments nouveaux et peut aussi rejeter des aliments qu’il appréciait. "La néophobie alimentaire est un phénomène assez généralisé qui touche 75% des enfants entre 2-3 ans et 7-8 ans" rassure Laurence Haurat. Le début de la néophobie alimentaire coïncide avec l’entrée dans la phase d’opposition (le fameux âge du non!). Refuser des aliments est pour l’enfant une façon d’affirmer son autorité. Rien d’inquiétant donc ! "En revanche, un enfant de moins de deux ans qui n’est pas ouvert à goûter plein de choses ou une période de néophobie alimentaire qui se poursuit au-delà de 9-10 ans, cela doit alerter les parents" informe la psychologue-nutritionniste. Le refus alimentaire peut alors être le symptôme d’une détresse : divorce de ses parents mal vécu, angoisse liée à la grave maladie d’un proche, arrivée d’un autre enfant...

Comment réagir quand un enfant devient difficile en matière d’alimentation ?

"La néophobie alimentaire est une situation normale particulière à laquelle il faut s’adapter. Les parents tiennent dans leurs mains la possibilité que cela se passe le mieux possible" annonce Laurence Haurat. Premièrement, n’exigez pas trop de votre enfant. S’il mange 2 ou 3 légumes, c’est déjà très bien. Acceptez aussi que vos enfants soient différents : certains sont curieux, d’autres ont plus de mal avec les initiatives et les découvertes. C’est aussi le cas vis-à-vis des aliments. Être plus souple ne veut cependant pas dire mettre dans l’assiette de votre enfant juste ce qu’il aime. "Il faut donner un cadre éducatif à l’enfant" conseille Laurence Haurat. Par exemple : il a le droit de ne pas manger un aliment qu’il n’aime pas mais il est obligé de le goûter; on ne lui sert pas un autre accompagnement s’il ne veut pas manger celui qui lui est proposé...

Comment peut-on inciter les enfants à goûter de nouveaux aliments ?

Plusieurs astuces peuvent aider les parents du petit néophobe.

  • Le premier truc ? Re-proposer régulièrement et sous des formes différentes les aliments (cru, cuit, en purée, gratin, intégré à des pâtes...). Aux parents de faire preuve d’imagination et de varier les présentations.
  • Deuxième conseil : stimulez la curiosité de votre enfant. Emmenez-le au marché, cuisinez avec lui ou encore faites pousser des tomates cerise ou du basilic sur un rebord de fenêtre. "Un enfant est plus apte à goûter un aliment qu’il a vu dans sa forme première non cuisinée" explique Laurence Haurat.
  • Enfin, faites des repas un temps privilégié, en laissant les conflits de côté pour que découvrir un nouvel aliment soit associé au plaisir.

Bien accompagné par vous durant cette période de néophobie alimentaire, nul doute qu’un jour votre enfant dira "je veux goûter!"

Sources

Laurence Haurat, psychologue-nutritionniste libérale (à Paris et Bordeaux), auteur de "C’est l’enfer à table : quand les repas de l’enfant sont difficiles".
Site internet : www.dietepense.fr

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Auteur(s): Anne-Sophie Glover-Bondeau